Les dentelles de Malou - Dentelle de papier , mais aussi peinture , carterie , perlerie ...
Histoire de la dentelle de papier
 
L'histoire de la dentelle de papier est liée à l'écriture.

Dès l'apparition de l'homme sur terre , celui-ci a laissé des traces de son existence comme en témoignent les dessins de la préhistoire retrouvés sur les parois des grottes.
 
L'homme a vite ressenti le besoin de communiquer autrement que par la parole.
 
Après l'utilisation des tablettes couvertes de hiéroglyphes, ils ont utilisé différents supports, comme le papyrus qui est une plante poussant en Egypte.
Une technique de fabrication particulière permettait de créer un support d'écriture en superposant des tranches très fines de la tige de cette plante, en les croisant perpendiculairement et en les compressant.
De la colle était ensuite appliquée sur la face qui serait la face réservée à l'écriture afin que l'encre ne se diffuse pas dans la fibre.
Ce "papier" se conservait mal, en particulier sous les climats humides. ( L'encre alors se diffusait dans la fibre et les différentes couches se "séparaient".")
Ce papyrus était très couteux, l'approvisionnement incertain en raison de l'instabilité de ces pays, des guerres fréquentes, de l'insécurité et de la longueur des transports.
 
Au 2ème siècle avant JC, les égyptiens ont interdit l'exportation de papyrus (d’après Pline l'ancien), craignant que la bibliothèque de Pergame ne surpasse celle d'Alexandrie.
 
Pergame était une ville d'Asie mineure, située au nord de Smyrne, à 25km de la mer Egée.
Elle est actuellement située en Turquie, dans la province d'Izmir, et s'appelle de nos jours: Bergama.

C'est dans cette région que des bergers avaient découvert que l'on pouvait utiliser la peau des animaux comme support d'écriture.
Ils avaient eu idée d'utiliser la peau des moutons, des chèvres, des porcs, des agneaux, des veaux.
Ces peaux plus ou moins fines selon l'animal et l'âge de celui-ci étaient préparées : pelées, tendues, dégraissées, voire blanchies et découpées en feuilles.
Elles pouvaient ensuite être assemblées ou non, pour former de simples supports de peinture comme nos papiers à dessin d'aujourd'hui ou nos toiles, ou reliées pour en faire des rouleaux ou des livres.
 
 
Les plus fins appelés "vélins" sont issus d'animaux mort-nés, veau ou agneau. Ils sont aussi plus transparents.
 
A cette époque l'écriture était surtout maitrisée par les religieux, ce sont eux qui ont réalisé les premiers écrits, premières enluminures, premières images pieuses et premiers décors muraux.
Dans les couvents, au moyen-âge, la technique s'est affinée grâce aux nonnes, on voit apparaitre la dentelle et l'embossage.
 
 Avec l'arrivée de l'imprimerie la technique s'est perdue, exportée vers l’Amérique du sud par les conquistadors, elle y a survécu.
 
 Au 17ème siècle on a vu réapparaitre des "Canivets", les images sont peintes et découpées à la main sur du parchemin avec un petit outil appelé " Canivet" qui donnera son nom à ces images.

Au 18ème siècle, le parchemin, très couteux, est abandonné au profit du papier, de nouveaux outils sont créés, comme des emporte-pièce permettant une production en série.

Au 19ème siècle, la travail de dentelle devient mécanique, grâce à une technique développée par un éditeur. Elle allie la perforation et le gaufrage.
Elle est utilisée alors pour la réalisation d'images de communion, de cartes de vœux, puis de cartes pour diverses occasions et enfin... pour réaliser les petits napperons de papier glissés sous les pâtisseries!
 
Mais la technique sur papier a perdu le travail d'ombre permis par l'embossage sur le parchemin, qui blanchit sous l'effet de l'embossage. (En frottant le papier avec des outils, des billes ... un léger relief apparait, la fibre casse et blanchit. Ceci permet en accentuant plus ou moins ce phénomène de créer des ombres, des tons différents.)
 
En Amérique du sud, la technique a donc survécu, enseignée dans les écoles aux petites filles.
Dans certaines contrées subsistent des "rites de passage à l'âge adulte".
Les petites filles lorsqu'elles sont formées, organisent une fête marquant leur entrée dans la vie adulte.
Elles utilisent cette technique pour réaliser leurs cartons d'invitation.
 
 
La technique a été réintroduite en Europe par Martha Ospina, colombienne, qui après son mariage avec un hollandais, l'a suivi en Europe, à la fin des années 80.
Isolée car ne parlant pas la langue, ne connaissant personne, elle s'est remise à pratiquer cet art.
Son mari, ingénieur, lui a fabriqué ses outils, introuvables ici.
Petit à petit, leurs relations ont apprécié son travail, lui ont commandé des réalisations, ont eu envie de l'apprendre...
C'est ce qui les a conduits, son mari et elle, à créer la marque "Pergamano" (s'inspirant pour créer cette marque du nom de la ville où fût "inventé" le parchemin), pour développer une gamme d'outils, destinés au loisir créatif.
Elle a ensuite enseigné la technique et créé une école permettant de former des professeurs.

La technique est présente aussi en Australie, reconnue comme un art à part entière, une marque d'outils, plus professionnels y est présente: PCA (Parchment craft australia) qui elle aussi diffuse une formation.
 
Grâce aux possibilités actuelles , facilitées par le net, la technique s'est redéveloppée dans le monde entier.
 
Le parchemin de nos jours est toujours rare, il reste très peu de vrais parcheminiers.
On trouve des fabricants de "parchemin" qui en fait fabriquent des papiers rustiques appelés parchemin, mais qui ne sont aucunement de la peau mais du papier.
Concernant le vrai parchemin, réalisé avec des peaux, le travail est aujourd'hui compliqué par les règles d'hygiène, contraignant les éleveurs à utiliser les services des équarrisseurs lors de la mort de leurs animaux.
 Si ceux-ci interviennent avant le parcheminier, les peaux sont souvent irrémédiablement endommagées.

Cette rareté et son cout forcément élevé ont conduit à développer pour cette technique un papier, qui n'est autre qu'un calque assez épais dont une face est cirée pour permettre aux outils de glisser facilement.
 
 
Sources:
 
Wikipédia
 
 
 
 
 
Class'cuir
 
 
Les papiers du moulin
 
 
Livres de Martha Ospina
 




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